Nous avons quitte les eaux temperees de Ningaloo pour la poussiere rouge de Karijini et la torpeur brulante de Broome ou nous sommes arrives a la fin de notre periple apres plus de 5000 km.
Ningaloo vu de dessous, c'est surtout impressionnant par la taille et la quantite de sa faune que par ses coraux. Etonnament le site de plongee de loin le plus interessant se trouve sous le Navy Pier, une plateforme construite par l'armee americaine dans les annees 60 et ou nagent des bancs de barracudas, de carangues, des enormes requins nourrices, des merous d'1m50. Mais le must, c'est d'entendre le chant des baleines en observant tout ca. Apres 50 min nous sommes frigorifies, l'eau n'est qu' 23 degres, ca nous rappellerait presque Marseille! Mais nous sommes vite rechauffes par le soleil cuisant sur la plateforme, avec en prime les baleines et les dauphins, n'en jetez plus c'est trop!
Cette premiere plongee nous a donc bien mis en appetit pour la suite qui ne s'est malheureusement pas revellee aussi prometteuse. Surtout a cause d'un centre de plongee stupide. On vous passe les details, mais avis a nos amis plongeurs qui se rendraient a Ningaloo : ne plongez pas avec "Ningaloo Reef Dreaming" hormis pour le Navy Pier qu'ils sont les seuls a proposer, et seule plongee vaille vraiment le coup.
Nous avons quitte nos amis de Cape Range et l'Ocean pour penetrer dans l'interieur des terres (rouges) en direction du Parc National de Karijini. La route est longue et belle, mais vraiment deserte, et c'est la que nous tombons en panne. Le moteur fait teuf teuf teuf, impossible de redemarrer. Nous arretons la premiere voiture, un type un peu paume qui n'y connait rien en mecanique mais n'ose pas nous laisser. Nous arretons la deuxieme voiture, un couple d'allemands sympas qui ne peuvent pas nous aider non plus mais tous nous soutiennent le moral. Quand soudain, comme par miracle le moteur redemarre. Tout le monde reprend la route, les allemands derriere nous pendant quelques km histoire de s'assurer que tout va bien. Eux ont un 4*4, pas nous, donc ils prennent le racourci alors que nous continuons sur le goudron en direction de Tom Price, ville miniere ou l'on dirait que tout le monde travaille, mange, dort a la mine. Drole d'ambiance. A la sortie de la ville, il est 17h, le jour commence a decliner, teuf teuf teuf, re-panne. Vendredi soir, les 4*4 quittent la mine avec la joie (et les bieres) du week-end. Et quand on vous disait que les australiens sont vraiment sympas, voila qu'une voiture s'arrete sans qu'on ne demande rien cette fois. Trois mecs en bleus de travail qui ont fini leur semaine de dur labeur et ont deja commence a attaquer le week-end nous proposent leur aide. L'un d'eux est reparateur des machines de chantier, il ne pouvait pas mieux tomber! Il constate tout de suite le probleme au niveau de la pompe a essence, bidouille un truc a la Mc Gyver (que Jerome observe bien), hop le moteur redemarre et lui a gagne un couteau suisse.
Nous decidons donc de revenir vers la cote, au-cas ou on devrait appeler le road assistance, et nous foncons vers Port Hedland. Jerome devra mettre encore deux fois les mains dans le moteur, mais nous arrivons sains et saufs a No Man's Land, Port Hedland. Le camping est ferme, bien sur, mais bon la douche est bonne quand meme. Le lendemain, un petit tour chez le garagiste. D'apres lui, on peut repartir mais on n'a pas l'impression qu'il a fait grand chose. En effet, 80 km plus tard, teuf teuf teuf, Jerome garde le pied sur l'accelerateur et ca passe! Le hic c'est qu'on ne peut plus s'arreter, meme pour faire pipi.
Apres avoir rendu "le WRECK" (malgre les 578000km et les nombreux orifices, elle aura quand-meme bien tenu le coup), nous partons pour Sydney. Souvenir souvenir pour Jerome et decouverte pour Julie.