lundi 2 mars 2009

Les petites bebetes de Madidi



Apres tous ces efforts, Julie se dit que c'est le moment d'utiliser son bon d'anniversaire de ses copains Corinne et Patrick. Une nuit dans un palace, ou dans le cas precis quatre nuits dans la jungle. Mais pas a meme le sol sans moustiquaire, non non non, un sejour dans un eco-lodge au coeur du Parc National Madidi. La classe.

Nous prenons un vol de 45 min qui nous epargne les 20 heures de bus pour nous rendre a Rurrenabaque. Le vol en soi est deja assez spectaculaire, un tout petit avion de 20 places decolle de La Paz a 3660 m, passe entre les pics de la Cordillera Real (salut le Huyana Potosi, Julie aura quand meme vu le sommet ;-) survole la region fertile des Yungas pour atterrir sur une piste d'herbe au milieu de la foret amazonienne. Nous voila a 350 m d'altitude, dans une touffeur tropicale bien agreable apres les frimas de la Paz.

Le lendemain matin a 7h, nous sommes prets. Il pleut des cordes, on enfile les ponchos chinois et en route pour le fleuve en compagnie de notre guide Ricardo. C'est parti pour 6 h de navigation a contre-courant sur le Rio Beni, puis le Rio Tuichi, rivieres brunes qui serpentent au coeur de la foret pour se jeter plus loin dans l'Amazone. Nous entrons dans la Parc Madidi, 1.9 millions d'hectares de foret tropicale d'une exceptionnelle biodiversite. Nous sommes aux aguets, Jerome l'oeil affute apercoit un couple de toucans perche en haut d'un arbre. Nous commencons deja a nous faire piquer par des betes...


Une fois arrives a bon port, il nous faut encore marcher une demi-heure sur un sentier forestier ou l'on apercoit deja quantite d'insectes pour arriver enfin a Chalalan. Nous sommes au coeur de la foret, au bord d'un petit lac ou nagent quelques caimans apparemment innoffensifs. Les bungalows en bois construits par la communaute locale se fondent parfaitement dans le decor, d'immenses papillons aux couleurs electriques voletent, les singes nous observent, un vrai petit air de paradis. En plus nous sommes quasiment les seuls visiteurs, on a l'impression d'avoir le site pour nous.

Les journees se passent au rythme des ballades a pied sur les sentiers humides ou a la rame sur le lac immobile, a la recherche de vie sauvage, de jour comme de nuit. Le tout ponctue par de fabuleux repas et de reposantes siestes sous notre moustiquaire berces par le pouls de la jungle. Nous voyons des singes capucins, des singes araignees, des perroquets, des caimans, des fourmis de toutes les tailles, une enorme tarentule noire velue, un boa, des pecaris, des grenouilles et... beaucoup de moustiques.


C'est a contre coeur que nous quittons la foret pour retourner a La Paz soigner nos piqures.


Merci les copains!

lundi 23 février 2009

Soroche

Nous sommes arrives a La Paz entre deux averses. Quel spectacle impressionnant que cette ville de brique immense construite dans une cuvette ou les plus riches vivent au fond et les plus pauvres sur les hauteurs, la ou il fait encore plus froid. Nous sommes a 3660 m d'altitude, bien acclimates. La pluie devale les rues en pente raide et les centaines de minibus Dodge colores crachent un epais nuage bleu dans la montee. Jerome nous fait une allergie a la pollution, vite il veut respirer l'air pur des cimes de la Cordillera Real.

Apres deux jours a la Paz, nous partons a l'assaut du Huayna Potosi, 6088 m, en compagnie de Samuel, quebecois, et Stephan, allemand. Pourquoi Julie est-elle la seule fille? Elle commence deja a douter. Arrives au premier refuge a 4750 m, il fait un froid de canard et on n'y voit pas a 2 metres. Mais qu'est-ce qui nous a pris de venir ici pendant la saison des pluies?? L'apres-midi est consacre a l'entrainement sur le glacier avec tout l'equipement, crampons, piolet, etc. Mais rien que pendant la petite marche d'approche, on sent bien l'altitude. Julie est essoufflee tous les 3 metres et se sent tres tres faible (qui se traduit par "debil" en espagnol, elle aime bien dire au guide que la elle se sent un petit peu debile!). Pour les efforts sur le glacier, c'est la meme chose. Beaucoup plus difficile qu'en Argentine du fait de l'altitude. Nous sommes a 4850 m, plus haut que le Mont-Blanc (mais comment ca on n'a monte que 100 m depuis le refuge?! impossible) et notre coeur s'emballe a chaque coup de piolet. On experimente toutes les techniques de marche, en avant, en arriere, en canard, de cote, de l'autre cote, comment planter les crampons, bref, c'est technique. Et la nous ne sommes pas encore encordes. Julie doute de plus en plus.

Apres 2 h d'entrainement, nous sommes ravis de retourner au refuge pour un petit the de coca. On espere que ca va nous aider. Surtout Jerome qui a une angine et de la fievre. Apres un copieux repas, nous brulons tout le stock de bois amene de La Paz. Ca fait du bien une chaleur qui depasse les 5 degres. Quand il n'y a plus de bois, on file au lit tout habilles. Ca promet pour la nuit suivante a 5300 m.

Au reveil, il fait un temps splendide. Voila qui nous met en joie pour la premiere ascension qui n'est pas prevue avant le debut de l'apres-midi. En decouvrant enfin la montagne en question, Julie n'est pas trop sure d'y arriver et elle se demande encore pourquoi elle s'est embarquee dans cette aventure. C'est haut quand meme.

Apres le dejeuner, nous embarquons sacs et crampons, il pleut. On n'aurait pas pu partir le matin? En chemin nous voyons un magnifique condor planer en-dessous de nous. La montee est moins difficile que ce qu'on imaginait, mais on doit quand meme s'arreter assez regulierement pour respirer. Julie a grave la patate.
Nous arrivons en un peu plus de trois heures au camp de base. Programme : une soupe et au lit, a 18h. On doit se lever a minuit pour debuter l'ascension a 1h a la lampe frontale. Pas facile de dormir saucissonnes a six dans un bunker de 4m sur 4 a 5300 m. Julie a de plus en plus mal a la tete, qu'elle attribue au matelas dans un premier temps. A minuit, bip bip bip, c'est l'heure d'enfiler les crampons. Au moment du reveil, quand elle vomit pour la premiere fois, Julie se rend compte qu'elle souffre du mal de l'altitude, le soroche. Rien n'y fait, la montagne a gagne.

Jerome lui a bien la peche meme si il tousse toujours. Les trois mecs sont prets, oups, Jerome casse une laniere de ses crampons. Stephan et Samuel partent deja avec leur guide. Apres une reparation de fortune avec un lacet de Julie, Jerome est enfin pret pour attaquer la phase finale du Huayna-Potosi en compagnie de Benicio. Encordes, encrampones et sous une tempete de neige, c'est parti pour 5h d'escalade. Apres 2h d'ascension, ils ratrappent Stephan et Samuel.

C'etait une erreur, Jerome est deja bien fatigue. Le groupe de tete reprend la route tandis que Jerome reprend un peu des forces. C'est de plus en plus difficile. Un pas puis un autre puis encore un autre et le coeur se met a battre a 180, le souffle manque! Une petite pause avant d'escalader a nouveau et le meme rythme a nouveau. Un pas, un autre, et ... une petite pause. Jerome imagine que ca doit etre ca d'avoir 90 ans.

D'apres Benicio, nous devrions encore marche 40min a plat et ensuite attaquer la cumbre, le sommet. A ce moment, dans le tete de Jerome, mille idees s'entrechoquent. J'ai mal a la tete, c'est peut-etre le debut d'une rupture d'anevrisme, je n'arrive pas a respirer, c'est peut-etre un oeudeme pulmonaire ?... Benico, je n'ai plus d'energie, la coca que je mache depuis ce matin me seche la gorge. Je sais qu'en montagne, le sommet, c'est la moitie, il faut ensuite redescendre. Jerome, un poquito mas. Ok Benicio. Jerome passe devant et apres 1h00 de calvaire, trouve un n'ieme souffle qui lui permet d'atteindre la crete a 6088m. Il y deroule la banderole qu'il a passe 4 heures a coudre a La Paz. Il a failli y laisser un petit doigt qu'il ne fait pas bon de sortir sous ces temperatures de -20 degres ! Difficile de prendre des photos de ce spectacle incroyable mais les images resteront a jamais gravees dans sa memoire.
Pendant que Julie vomit sous la puree de pois, Les lumieres de La Paz font doucement place aux doux rayons du soleil. Il faut maintenant redescendre. C'est bien plus impressionnant qu'a la montee car la, on voit bien les precipices, les crevasses. On profite un peu de la descente pour prendre quelques photos et faire un peu de rappel. Ca, Jerome aime bien meme si il est lessive. Arrivee au camp de base, la petite troupe recupere Julie pour entamer la descente finale.
Julie se sent tout de suite mieux lorsque on arrive a 4750m.

Tout est bien qui finit bien.

Apres toutes ces emotions on se rejouit d'aller dans la jungle amazonienne, au chaud et a 350 m d'altitude, voila qui devrait nous remettre sur pied.

mardi 10 février 2009

Entre sel et cieux



Apres une heure de bus en ligne droite le long du volcan Licancabur, nous voila au poste frontiere avec la Bolivie ou nous attendent nos superbes jeeps Toyota. Nous effectuons les formalites administratives a plus de 4000 m d'altitude, il est 9h et nos chauffeurs-guides boliviens nous attendent devant un joli petit-dejeuner. Ca commence bien, tres bien.

Nous rencontrons nos compagnons de voyage, un couple de francais (encore!) Gregory et Fanny, et un couple de chiliens, Javier et Maria Paz. Notre chauffeur Epiphanio, est un type super sympa et serviable. Il a tout de suite compris que Jerome etait le fou de la gachette photo. Il fait halte a chaque demande.

Nous partons pour les lagunes de l'altiplano. Nous debutons par la laguna Verde qui n'etait pas tres verte mais d'un calme olympien qui permettait au Licancabur de s'y refleter. Une vision irrelle sur fond de ciel bleu. Apres un certain moment le vent s'est leve et le lac entier est devenu vert turquoise !

Nous poursuivons ensuite sur el Desierto de Salvador Dalí, le Salar de Chalviri, las Aguas Termales de Polqueses, la Pampa Siloli et el árbol de Piedra. C'est incroyable, des paysages et une altitude a vous couper le souffle. Nous faisons etape dans un refuge sympa. Jerome, l'hyperactif, part pour une ballade dans un petit canyon en amont. Il y croise plein d'oiseaux. Il faut dire que tout le monde est assez fatigue car nous sommes a 4850m d'altitude.

Le lendemain matin, nous partons pour la Laguna Colorada, ou nous contemplons a nouveau une plethore de flamands roses. La Laguna Honda, la Laguna Cañapa ou la Laguna Colorada ne sont que toutes plus belles les unes que les autres.

Le soir nous arrivons aux abords du Salar d'Uyuni et nous prenons nos quartiers dans un hotel de sel, entierement de sel. Les murs, le sol, les lits, les tables et chaises, tout est en sel. On nous avait dit que l'on dormirait dans un hotel de sel mais la, nous avons ete bluffes.

4h45, le reveil sonne. C'est l'heure de partir pour le Salar au lever du soleil. Il n'y a que nous et des le lever du soleil, nous admirons nos ombres s'etaler sur une dizaine de metres dans cette immensite de sel. Nous retournons tout eblouis a l'hotel de sel pour prendre le petit-dejeuner.
Apres avoir roule plusieurs dizaines de kilometres sur cette etendue saline, nous arrivons sur l'Ile Incahuasi ou nous pouvons a nouveau admirer des cactus candelabres de plus de 10m de haut et donc plus que millenaires.

Apres une seance de photos rigolotes, nous dejeunons dans le petit village de Colchani. La, le change nous est tout de suite donne. Nous patientons pour notre dejeuner dans la rue et la, une mamie, descend du bus, le contourne et, sans aucune gene, fait pipi devant nous. C'est la facon la plus rapide de rentrer dans le vif du sujet. Et nous comprenons tout de suite que nous allons avoir un probleme de toilettes publiques, ca n'existe pas. Il faut se trouver un petit coin dans la rue.
On se rend vite compte que nous sommes dans un autre pays. La premiere chose qui nous interpelle apres la mamie, c'est la pauvrete. C'est un autre monde dont nous venons d'ouvrir la porte. Rien a voir avec le Chili ou l'Argentine.

Nous ne tardons pas trop a Uyuni qui n'est pas une ville tres interessante. Nous partons donc pour Sucre en compagnie de nos amis Chiliens, Maria Paz et Javier. Sucre est une ville tres agreable avec une architecture coloniale bien entretenue. C'est bientot le carnaval et les jeunes, a cette occasion, se lancent des bombes a eau. Parfois, les touristes ne sont pas epargnes, dixit Julie.

De Sucre, nous nous rendons pour la journee au marche de Tarabuco ou se vendent tous les objets artisanaux de la region. C'est un marche haut en couleurs ou les vendeurs sont encore vetis de leurs habits traditionnels. C'est un marche touristique qui reste encore authentique. La encore un fois, on se rend compte de l'immense pauvrete dans laquelle se trouve ce pays. 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvrete. Alors que nous dejeunons sur une petite terrasse pres du marche, un vendeur ambulant nous demande si il peut terminer nos assiettes. Il n'y avait que les os a rogner, et il a insiste. C'est triste.

De Sucre, nous decidons de faire une petite incursion au parc National de Lauca au Chili. Nous prenons deux bus a la suite pour un total de 19h et nous voila a Putre, enfin sur la nationale a 5km de Putre, ville depart pour le parc de Lauca. Deux personnes nous prennent en stop. Cela nous evite de marcher 5km sous une pluie battante.

Nous consacrons notre journee suivante a la visite du parc national de Lauca ou nous pouvons voir une quantite astronomique de vigognes, viscaches, lamas et alpagas. Malheureusement le soleil n'est pas au rendez-vous et nous ne pouvons pas admirer les magnifiques volcans Parinacota et Sajama.

Etape suivante, la Paz, capitale la plus elevee au monde perchee a 3660m. Nous devons sejourner deux jours a la Paz pour nous acclimater un peu plus avant les hautes cimes du Huayna Potosi qui culmine a 6088m d'altitude, notre prochain defi.

mardi 3 février 2009

Altiplano


Apres plus de 100 heures passees dans les bus, si confortables soient-ils dans ce pays, nous avons decide de prendre les airs pour couvrir les quelques 3000 km qui separent Puerto Montt de San Pedro de Atacama. Nous ne sommes pas fiers, mais il faut dire qu'une journee de voyage au lieu de trois nous a grandement facilite la vie.

Nous sommes donc arrives frais comme des gardons a San Pedro de Atacama, charmant petit village en terre perdu dans une oasis au milieu du desert le plus aride du monde. La derniere pluie remonte a janvier, 2008.

Dans l'altiplano andin, a 2400m au pied de montagnes et de volcans qui culminent a 5000m, nous partons explorer les paysages surrealistes qui nous entourent.

D'abord le Salar d'Atacama que nous decouvrons au lever du soleil avec ses flamants roses. Quel spectacle que cette epaisse croute de sel irreguliere ponctuee de lacs parfaitement plats qui refletent le paysage volcanique au lever du jour comme un miroir.

Puis les lacs Miscanti et Miñique tous deux situes a environ 4300m d'altitude. Un vrai decor de carte postale. Au pied de volcans encore plus hauts, les vigognes paissent au bord de lacs brillants. Les couleurs sont intenses, le bleu profond du ciel, le jaune paille des touffes seches, le vert tendre des plantes qui bordent le lac, le blanc du sel. En pleine contemplation, on peut a peine parler. Surtout Jerome qui tente le 100m afin de verifier qu'il est assez en forme pour braver les sommets boliviens! Il a tire la langue, mais ne se decourage pas pour la suite.

Le lendemain nous nous levons a 3h du matin pour decouvrir les Geysers du Tatio au lever du soleil. Il fait froid, tres froid. -6 degres dehors, et presque si froid dans le bus. L'interieur des vitres a gele, tout comme nos orteils.

Nous sommes a nouveau a 4300m d'altitude, c'est bon pour l'acclimatation et les globules rouges.
C'est un site comptant une soixantaine de petits geysers bouillonnants. C'etait plus des jets de 2-3 metres que de 10, mais un joli spectacle tout de meme. Rien a voir avec le jet d'eau.

Sur le chemin du retour, nous nous arretons dans un petit village ou nous pouvons gouter pour la permiere fois un bout de brochette de lama. Il est 10h, pas mal.

Un des points forts de l'excursion sera tout de meme la foret des cactus. Nous longeons une riviere dans un canyon dont les flancs sont ornes de ces geants epineux, cactus candelabres ou "cardon" en espagnol. L'evocation de ce nom nous fait encore saliver des gratins qu'on a rates a Noel. Nous avons donc marche au milieu des cardons, c'est meilleur pour la ligne.

Notre ultime visite, la vallee de la Lune. Dans un decor reellement lunaire, nous devalons les dunes en courant comme des momes, marchons sur le lit d'un lac millenaire, nous promenons dans un canyon de gypse cristallise et de sel, et terminons notre course en haut d'un petit mont au coucher du soleil. Il ne manquait que l'apero.

En parlant de Lune, nous avons profite des conditions exceptionnelles du ciel d'Atacama pour l'observer de plus pres. Un astronome francais s'est installe la et fait partager sa passion aux visiteurs. Avec ses sept telescopes, nous avons meme pu admire Saturne et ses anneaux. Inutile de dire que nous avons ete emerveilles comme des enfants. C'est beau de se sentir jeunes.

Nous nous preparons a quitter le Chili pour la Bolivie. Nous partons en expedition Land Cruiser (c'est ce qu'ils ont dit a l'agence) pour le Salar d'Uyuni, on n'a meme pas peur, on a survecu aux vieux minibus russes.

Nos vemos.

vendredi 30 janvier 2009

En route pour la Bretagne


Nous avons reussi a quitter El Chalten !
En compagnie de quatre petits francais, Sebastien, Sandrine, Vincent et Laurence, nous sommes remontes sur la mythique route 40 jusqu'a Los Antiguos puis Chile Chico au .... Chili.

Au revoir la Patagonie du Sud et ses glaciers feeriques.


Enfin, arrives a Coyahique, nous sommes encore bloques pour deux autres jours. Nous en profitons pour visiter la reserve naturelle ou l'on espere bien voir un puma. On aura surtout vu des taons, mais la ballade dans la foret centenaire en valait la peine.

Le deuxieme jour, Jerome decide d'aller pecher a la mouche. Il est parti pour une demi-journee de peche sportive de 7h avec un guide qui lui a appris les techniques de base pour attrapper de belles truites. Il a meme pu porter les bottes geantes, la classe.

Notre bateau, le Don Baldo arrive a 3h00 du matin avec plusieurs heures de retard. Pour une fois, c'est a notre plus grande joie, nous allons voyager dans les fjords de jour et non de nuit comme prevu.
C'est une traversee de 26h00 pour rallier l'ile de Chiloe. Les fjords sont impressionnants et regorgent de vie. Dauphins, pingouins, phoques, cormorans et baleines (que nous n'avons pas vues). Nous faisons escale dans des villages pittoresques et reellement coupes du monde. On se sent encore plus "al fin del Mundo" ici qu'a Ushuaia. C'est avec plein de belles images en tete que nous arrivons a Quellon, port de pecheurs au sud de Chiloe.

Nous retrouvons Sebastien, notre copain de la montagne noire, a Castro, au coeur de l'Ile. Nos quatre petits Francais continuent leurs routes de leur cote pendant que nous explorons l'ile.

Nous avons loue une voiture pour visiter l'Ile. Notre chauffeur, ex co-pilote de rallye, n'ose pas trop pousser. La garantie est sur la carte de Jerome!!!

Avec ses vaches laitieres, l'ile ressemble a un bocage normand. L'ile et ses ilots recoivent 241 jours de pluie par an. Avec ses grandes marees, ses bateaux de peche et ses huitres, elle a aussi de vrais airs de Bretagne.

Chiloe est egalement connue pour ses eglises en bois dont 16 sont classees au patrimoine mondial de l'Unesco. Il faut dire que les eglises etaient entierement concues en bois. Pas meme un clou.

Apres quatre jours avec notre copain, nous devons deja nous separer. Ce petit veinard va a El Chalten par la Carretera Australe. De notre cote, nous passons deux jours a Puerto Varas au pied du Volcan Osorno avant de prendre notre vol pour San Pedro de Atacama.

jeudi 15 janvier 2009

Los Glaciares


Nous avons repris la route du nord pour le parc Torres del Paine. Bon ca n'a pas ete si simple. Les bus sont tous bondes et il nous faut passer par une petite bourgade du nom de Rio Turbio. Ca nous fait tout de meme un petit detour de 8h. On organise notre transfert avec notre auberge qui doit venir nous chercher a la douane chilienne a minuit. Arrives a Rio Turbio avec 2h de retard, nous prenons un taxi pour la douane. Bien entendu, tracasseries administratives obligent, le taxi ne peut pas aller jusqu'a la douane chilienne distante de 4km. Le douanier nous dit que nous pouvons marcher... Grrrr!!! La nous mendions une place dans "la voiture"presente a la douane a cette heure. Sympa, ils nous deposent a la douane chilienne ou bien entendu notre auberge ne nous a pas attendus. Notre voiture non plus. Heureusement une autre voiture arrive a ce moment et nous sautons pour l'occasion. Pas moyen de dormir a la douane. Super, c'est parti a 140km/h sur les routes de montagnes. En deux temps trois mouvement nous voila a Puerto Natales. Heureusement que nous avions un franc suisse car c'est la seule chose qu'il a bien voulu accepter. Notre aubergiste nous ouvre la porte et nous nous ecrasons dans un lit douillet a 2h30 du matin apres 22 heures de voyage.

Puerto Natales, point de depart pour Torres del Paine, capitale chilienne du trekking, nous reserve encore quelques petites surprises. Nous optons pour le "W", parcours de 5 jours qui serpente au pied du massif des Torres del Paine. Tous les refuges sont complets. Nous devons donc louer une tente et tout le barda. Qui va la porter? Jerome bien sur. Pour compenser, nous decidons de prendre les repas dans les refuges. C'est tout ca de moins que Julie aura a porter.

Preparation : une bonne tente (on croyait), deux gros gros sacs de couchage, et nous voila partis pour 5 jours de marche. On a quand-meme fait pas mal de treks depuis que Julie avait pete un plomb au Kirghizstan;-).

La meteo ne s'annoncait pas bonne. Et pour une fois, ils ne se sont pas trompes. Nous debarquons du bateau pour notre premiere journee de marche et ne voila pas que le ciel nous tombe sur la tete. Les paysages sont nouveaux pour nous. Les icebergs d'un bleu magnifique flottent sur le lac gris. Quand nous touchons au but, le glacier Grey est la imposant devant nous. C'est la premiere fois que nous voyons un glacier de cette envergure et qui termine sa course dans un lac. Nous sommes recompenses de nos efforts sous la pluie.

Arrives a notre premiere ere de camping, nous sommes trempes, il fait froid et il est difficile de se rechauffer. Nous allons nous inscrire pour le repas du soir et ... surprise, c'est complet. Changement de plan. Puree lyophilisee et parmesan, Miam Miam. Changement de technique, on va devoir se preparer a manger pendant 5 jours. Heureusement nous rencontrons un couple de Francais, Aurelie et Baptiste, qui a des casseroles, mais pas de bruleur. Nous avons un bruleur mais pas de gaz ni de casseroles. Un couple Irlando-Neo-Zelandais vient a notre rescousse et nous donne genereusement 2 bombonnes de gaz. L'equipe est fusionnee et nous poursuivons notre chemin ensemble.

Le lendemain matin, nous profitons d'une petite accalmie pour plier notre tente, qui bien entendu n'etait pas tout a fait etanche. Nous laissons nos sacs mouilles pour aller contempler le glacier de plus pres. Wouah, ces bleus, ces crevasses et ces bruits!
Nous partons ensuite pour notre deuxieme etape, le campement Italiano. Encore une journee de marche sous la pluie. Nous en avons un peu ras le bol. Arrives au camp, il fait un froid de canard et impossible de se rechauffer. Nous essayons la technique de Simon, Dry it on, soit, quand tes affaires sont mouillees, portes-les pour les faire secher. Jerome monte la tente, Julie etant transie de froid, et nous essayons tant bien que mal de trouver une place sous l'abri bonde.

Apres une nuit humide et froide dans nos sacs de couchage mouilles, nous nous reveillons avec un temps plus clement. Pas de pluie enfin. Il y a un vent a decorner les boeufs. Cela nous permet de secher toutes nos affaires en un clin d'oeil. Nous partons pour la vallee des francais d'ou nous contemplons les "Cuernos", un glacier ou quelques avalanches impressionnantes se produisent et les iles sur le lac bleu en contrebas. La force du vent nous oblige a nous accrocher ou a nous asseoir.

Cette journee sans pluie nous remonte le moral et nous poursuivons notre chemin le long du lac jusqu'a notre prochain campement, Los Cuernos. La ballade est agreable, la vue degagee et nous marchons sur les rives du lac, que du bonheur!

Le lendemain matin, le soleil brille pour notre plus grosse journee du parcours. Heureusement que nous avions pris la creme solaire (nous doutions de son utilite les premiers jours). C'est encore une journee tres agreable qui nous amene au pied des Torres, le clou du trek. Ca monte, mais les condors virevoltent au dessus de nos tetes, un petit plus. Nous decidons de dormir au camp de base pour faire l'ascension le lendemain avant le lever du jour.

3h30 du matin. Bib bip bip... C'est l'heure de mettre tous ses habits et la frontale pour grimper au sommet. C'est prometteur, les etoiles sont la. Apres un peu moins de 40 min nous voila arrives devant ces magnifiques tours. Comble du luxe, nous nous preparons un petit cafe au rechaud a gaz avant le lever du soleil. Le vent, la pluie, le froid et les longues heures de marche sont oublies devant ce spectacle. Nous avons beaucoup de chance de voir le soleil se lever sur les tours. Nous retournons au camp de base prendre notre petit dejeuner et prenons la route du retour sous le ciel bleu.

Le soir venu, nous nous offrons un bon gros steak en compagnie de nos copains de rando.

Apres une journee de repos bien venue, nous reprenons la route avec nos amis. Direction El Calafate en passant par le Glacier Perito Moreno. La glace nous offre sous le soleil des reflets bleus encore plus intenses. Nous pouvons admirer ce monstre de pres et voyons meme un gros morceau de glace se detacher et tomber dans le lac avec fracas. C'est un des rares glaciers qui ne regresse pas.



Tout eblouis de ce spectacle, nous desirons vraiment voir un glacier d'encore plus pres. La decision est prise, nous partons le lendemain pour El Chalten ou nous organisons une marche sur le Glacier Grande. Apres une marche d'approche de trois heures et une tyrolienne, nous chaussons les crampons pour notre premier contact avec la glace. C'est une experience incroyable, ces canyons, rivieres, trous, crevasse. Le glacier est vivant sous nos pieds. A la pause pique nique, nous nous essayons a l'escalade sur glace que Julie maitrise un peu mieux que Jerome (pour excuser Jerome, ses crampons ne sont pas adaptes a ses grands pieds).

Notre organisation etant toujours tres aleatoire, nous voila a nouveau bloques 4 jours sans bus avec une meteo execrable. Bon, comme ca on a le temps pour un petit message sur notre blog.

Prochaine etape, la Carretera Australe.

samedi 3 janvier 2009

Latitude 54 - fin del mundo

Hola los amigos! Cette fois on s'y est mis, on parle certes comme des chevres et toujours au present, mais jusque la on arrive toujours a se faire comprendre (il faut dire que l'on continue a mimer beaucoup, au top pour le cranium!).

Nous sommes donc arrives dans la ville tentaculaire de Buenos Aires mi-decembre. Apres les iles ca fait quand meme un choc. Nous en avons arpente les rues pendant 4 jours, quasiment non-stop! Nous avons loue un petit appart super sympa en plein centre, ca fait du bien d'avoir un petit "chez soi" ou poser ses valises (ou plutot ses sacs a dos, toujours trop lourds...). Apres une journee d'acclimatation au bruit de la circulation, au traffic incessant, a la chaleur et a la pollution, nous avons fini par beaucoup aimer cette ville moderne et vivante.
Mais au bout de 4 jours, l'appel du large se fait sentir. Les baleines nous appellent. Nous prenons un bus de nuit pour 20h de route jusqu'a Puerto Madryn, a quelques kilometres de la mythique peninsule de Valdes qui nous a fait tant rever.

En Argentine nous avons decouvert un nouveau metier : hotesse de terre, ou plutot stewart de bus, car jusqu'a maintenant on n'a ete servis que par des hommes. Les bus dans ce pays sont une veritable institution, et c'est la grande classe. Les meilleurs bus que l'on ait jamais vus. Le petit stewart s'occupe de tout, distribuer les couvertures, mettre le film, servir les plateaux repas... Bon, pour les plateaux repas il faut quand meme etre patient, et ne pas avoir trop faim. La premiere fois nous n'etions pas surs d'avoir a manger, a 22h Julie a insiste pour attaquer les sandwiches, 10 min plus tard on nous servait les plateaux. En gros le bus en Argentine c'est comme dans l'avion, sauf que tu as de la place pour les jambes.

C'est donc presque frais comme des gardons que nous arrivons a bon port.

Des le lendemain nous partons explorer la peninsule de Valdes, ses colonies de lions de mer, elephants de mer, pingouins, orques et baleines franches. Nous sommes a la toute fin de la saison pour les baleines qui sont venues mettre bas dans la baie et qui repartent mi-decembre pour le grand sud avec leur baleineau. Il n'en reste qu'une, et c'est Julie qui a la chance d'embarquer sur le bateau pour son petit cadeau de Noel :-) Ces animaux sont tellement impressionants, il n'y a pas de mots. Le baleineau curieux passe et repasse sous le bateau, il doit deja faire dans les 9 metres! Sa mere mesure 15 metres environ, les voir de si pres moteur eteint et les entendre souffler reste un spectacle magique et inoubliable.

Nous allons ensuite observer les colonies de lions de mer. D'ici mars, les petits seront assez grands pour leur premiere mise a l'eau. Et c'est la que les orques les attendront au tournant. La pointe nord de la peninsule de Valdes est un des seuls endroit au monde ou sept orques ont coutume de chasser si pres du rivage qu'ils prennent le risque de s'echouer. Voila, il faudra revenir en mars, un jour...


Autre decouverte, l'Argentine, c'est cher, et les prix augmentent constamment, de jour en jour. Nous sommes contraints de retourner dans une auberge de jeunesse (plus jamais on avait dit!), et en dortoir a 8 en plus. Heureusement l'ambiance est sympa et nous rencontrons d'autres voyageurs avec qui nous fetons Noel. Le soir, la communaute francophone de l'auberge (les autres se sont curieusement prepares a manger tous seuls dans leur coin a 18h30) se reunit. Le Quebec, la France et la Suisse partagent leurs plats et leurs bouteilles pour un Noel pas comme les autres.
Puis nous passons une journee a Punta Tomba ou niche une colonie de 800,000 pingouins de Magellan. Spectacle garanti. Le sentier chemine au milieu de la colonie, avec priorite absolue au pingouin! Nous les observons inlassablement revenir de la peche, nourrir leurs petits, retourner a la mer. Allez, voila un petit apercu pour vous rendre, tout comme nous, dingues de pingouins!

Nous reprenons ensuite la route pour Ushuaia, a 30 heures de bus de la. Le trajet est long, d'autant qu'il nous faut traverser le Chili et donc passer deux fois la douane. Quand on arrive enfin a Ushuaia, on a litteralementl'impression d'arriver au bout du monde. L'Antarctique nous nargue a 1000 km de la, mais malgre tous nos efforts pour trouver une croisiere "last-minute" rien n'est a moins de 4500 USD... Absolument inabordable donc. Nous sommes a la latitude 54 sud, le point le plus austral de notre voyage. C'est l'ete mais il fait froid et la neige recouvre les sommets alentours. Les journees sont longues avec seulement 4 h de nuit, nuits blanches a Ushuaia. D'ailleurs on ne dort pas beaucoup a Ushuaia, d'abord a cause des dortoirs (encore) et puis aussi parce qu'on y passe Nouvel An.
Dans le premier dortoir nous rencontrons Johanna et Gael, deux jeunes genevois avec qui nous passons ces quelques jours au grand sud. Le monde est petit quand meme! Au programme, ballade sur le sentier costal du Parc National de la Terre de Feu, organisation du Nouvel An bien-sur, et navigation a la voile sur le canal de Beagle.
Voila, l'annee 2009 commence fort bien pour nous. On vous la souhaite a tous aussi belle et flamboyante que nos premiers jours en Terre de Feu.