
Nous avons franchi l'equateur et sommes arrives a Perth il y a 2 semaines. Jerome en est encore tout desoriente et se trompe toujours de cote quand il s'agit de reprendre la "Coastal Highway"... Mais il faut dire qu'il conduit comme un chef, le volant a droite, les vitesses a gauche et les pedales pas alignees (Julie a essaye de conduire sur 100m, un massacre, donc elle ne se moque pas).

Mais revenons a Perth ou nous avons ete accueillis comme des papes par Todd, notre copain australien rencontre en Thailande. On a ete aux petits oignons chez lui dans sa jolie maison ou nous avons fait une orgie de viande rouge et de vin rouge, le bonheur total! Perth est une ville tres agreable ou il fait bon vivre et ou decidement tous les australiens que nous rencontrons, sans exception, sont hyper sympas. Deja on adore l'Autralie. En plus c'est le printemps, il y a des fleurs partout et des arbres magnifiques jamais vus ailleurs. Bon il y a aussi des araignees tueuses. Jerome a vu sa premiere "red back" dans les toilettes d'un roadhouse. Mais quesako un "roadhouse"? Comme son nom l'indique, c'est une maison au bord de la route, plus precisement LA maison au bord de LA route (il n'y en a qu'une, on ne peut pas se tromper), un genre de station-service-superette-fast-food perdue au milieu de rien. Rien a plus de 150 km a la ronde, rien de rien.

Nous avons pris possession de notre campervan rock'n roll attitude que Jerome a baptise "le wreck". 576,000 km au compteur, des portes qui ne ferment pas bien, des fenetres qui ne se ferment que par appel d'air (il nous a fallu plusieurs heures pour decouvrir la combine) et un coffre qui n'est pas etanche. Vous nous direz, c'est le desert et il fait 40 degres, pourquoi avoir besoin d'un coffre etanche? Et bien parce que premierement dans le desert, il y a du sable, et deuxio a Perth c'est le printemps et il a plu enormement lors de notre expedition dans le sud ouest de l'Australie.

Car oui, nous sommes aussi alles dans le sud. En s'appretant a faire les 3000 km qui separent Broome de Perth de Broome, on s'est dit qu'on n'etait pas a 800 km pres. Et ca en valait vraiment la peine, absolument sauvage et magnifique. Une cote dechiree avec des falaises qui tombent sur un ocean demonte, paradis des surfeurs avec des vagues de 3m qui font flipper. Des fleurs de toutes les couleurs par milliers, des vignobles, des arbres immenses, du vent, et des kangourous partout. Nous avons dormi dans la tempete dans notre super van pas etanche et nous sommes reveilles face a l'ocean dechaine, c'etait magique.
Puis retour sur la grand route direction le nord, ou, puisque tout est inverse ici, il fait de plus en plus sec et de plus en plus chaud.

Premiere etape, le Parc National Yanchep, car Julie voulait voir des koalas, pour lesquels le Parc est connu. On y a vu les petits koalas bien sur, des tonnes de kangourous avec des bebes dans les poches, une tortue a long cou et un lezard a langue bleue. La Julie a aussi decouvert pourquoi Pete, autre copain australien rencontre en Mongolie, dit que le plat national australien est le barbecue. Il y a des barbecues publics au gaz partout, la grande classe. On passe chez le boucher et a la ferme ou l'on achete des legumes, et zou direction les parcs.
Deuxieme etape, les fameux pinnacles du Parc National Nambung pres de Cervantes. On s'est ballades autour de ces formations rocheuses au milieu des dunes au coucher du soleil, un vrai decor de science-fiction, paysage irreel. Et c'est a partir de la que ce n'est plus vraiment le printemps. Il fait chaud, tres chaud.

Troisieme etape, le Parc National de Kalbarri (oui, on a comme une obsession pour les parcs nationaux, et d'ailleurs on a fini par prendre un "pass"). Pour s'y rendre, nous avons brave les recommendations de l'office du tourisme qui nous conseillait de n'y aller qu'en 4*4. On y est parvenu, mais au prix d'une route tape-cul qui nous a secoues comme des pruniers, a 20 km/h pendant qu'on mangeait la poussiere de tous les 4*4 qui nous doublaient... Mais ce n'est meme pas la qu'on a creve, non non, on a creve le lendemain sur la grand route, en plein cagnard. A Kalbarri nous avons fait une petite marche de 4h autour d'une gorge. La il faut savoir qu'il y a une chose qu'on n'aime pas en Australie (ni au Mali d'ailleurs), ce sont les mouches. Des nuages de mouches, qui se posent partout, mais surtout au coin des yeux, des narines et de la bouche. Tellement insupportables qu'on a fini par s'acheter un filet a mouches a mettre sur son chapeau. On a peut-etre l'air ridicule, mais c'est nettement plus confortable. Cela dit a Kalbarri nous n'avions pas encore fait l'investissement miracle, nous etions donc constamment harceles par des nuees d'insectes, surtout a l'arret. Donc nous avons mange notre pique-nique en marchant, pour d'echapper aux mouches.
Apres Kalbarri, les canyons et les mouches, direction Shark Bay. A Shark Bay il y a apparemment enormement de requins, tigres surtout, mais on n'en a pas vus (ouf, et on ne s'est pas baignes non plus...). A Shark Bay nous sommes partis a la chasse aux dugongs en catamaran de course, c'etait grandiose, tout autant la navigation que les dizaines de dugongs qui nageaient sous la coque. Dans les eaux turquoises nous avons aussi vu des dauphins et des tortues, et dans le sable rouge un gros varan (enfin, pas aussi grand qu'a Komodo non plus!), des grosses araignees et plein de petits lezards.

Puis nous avons continue notre route vers le nord, faisant etape a Coral Bay ou nous avons du payer 30 dollars pour une place de parking a cote d'une caravane qui ecoutait Celine Dion a fond les ballons. Demandez nous pourquoi on prefere le camping sauvage apres ca... Le lendemain matin, on n'a pas resiste a mettre les tubas malgre la temperature glaciale de l'eau (24 degres). Il y a beaucoup de coraux mais ils ne sont pas tres colores, et Jerome a failli se faire attaquer par un snapper a la sortie. Et oui, quand on nourrit les poissons pour les touristes, il ne faut pas s'etonner.
Nous filons au Parc National Cape Range ou l'on peut camper into the wild pour un cout minimum et moins de gros bus fans de Celine Dion. La c'est le paradis, sauf que pour y aller il faut slalomer entre les kangourous (oups, "Jerooooome, je t'avais dit de rouler moins vite", mais bon il s'est releve). Nous decouvrons le camp au lever du soleil, c'est superbe. Nous passons la matinee a observer les baleines qui migrent vers le sud avec leurs petits en soufflant et en sautant en l'air, sans compter les tortues et les dauphins qui chassent. Et on ne vous raconte pas les petits oiseaux bleus, les lezards et les familles d'emeux sur la plage. Un vrai paradis.
Nous nous appretons maintenant a nous immerger a Ningaloo Reef. La prochaine fois on vous racontera a quoi ressemble ce petit monde vu de dessous.